Partager l'article ! De la modération de combat: « C’est un modéré, c’est un tiède, Radsoc comme pas deux, il ne fait rien ». La critique est lue ou entendu ...
Mot pour Mot
Un mot, une phrase, une idée
« C’est un modéré, c’est un tiède, Radsoc comme pas deux, il ne fait rien ». La critique est lue ou entendue trois fois par
semaine, dispensée avec générosité par les « révolutionnaires ». C’est assez basique d’ailleurs, les « révolutionnaires » sont des précurseurs géniaux qui ont su résumer la complexité de notre
société et se proposent en quelques mesures simples de régler tous les problèmes tout en restaurant au passage la justice, l’égalité et le bonheur de chacun.
Les révolutionnaires et les modérés peuvent s’accordent sur l’existence des problèmes. Là où le bat blesse et que les différences
de pensées s’ouvrent, là où les révolutionnaires sortent les grands mots, que les mots de tièdes, indécis, indolents sont jetés. Ce sont les solutions à apporter aux problèmes, ce sont les
actions à mener.
C’est le moment où les Girondins ne sont plus des interlocuteurs sensés mais deviennent le ventre mou de l’assemblée
nationale
Mais les modérés sont-ils forcements des mous ?
Sincèrement, je ne le pense pas. La modération comme principe n’implique pas la peur des actions, le culte de l’inaction. Ce n’est
pas non plus le fait de ne prendre que des actions de demi-mesures. La modération n’est ni une demi volonté, ni une demi décision. Bien au contraire, la modération, c’est la volonté qui s’affirme
dans la compréhension des autres, leur écoute, leur réflexion, leur argumentation. C’est un processus une éthique de pensée.
Et à ce titre, la modération demande bien plus d’énergie et de volonté que n’importe quelle démesure. Il est bien plus facile de
renvoyer tout le monde à dos, les partis, les systèmes, les riches, les puissants, les fonctionnaires, et de se proclamer détenteur de la vérité. Il est bien plus facile de s’enfermer dans son
discours et de s’écouter parler sans critique ni réflexion. Il est bien plus facile de pointer du doigt ceux qui n’ont pas l’intelligence d’être du même avis que soi. Oui il est bien plus facile
de ne pas être un modéré. Et ceci puisque la modération est un combat de tous les jours, de tous les instants.
C’est la volonté de sans cesse renouveler le dialogue, de faire vivre le débat, d’apporter à chaque moment les idées pour chercher, chercher, chercher et trouver le consensus autour de valeurs communes.
LK